Location meublée en 2026 : vers une transformation du paysage locatif
- arnaud ficheux
- Dec 13, 2025
- 3 min read
Updated: Dec 30, 2025
La location meublée, longtemps considérée comme un statut fiscal attractif (notamment pour les investisseurs via le régime LMNP), entre dans une nouvelle ère à partir de 2026.
À la fois sous l’effet de la réforme fiscale portée par la loi dite Le Meur et des décisions prises dans le cadre du Projet de Loi de Finances 2026 (PLF 2026), ce régime voit plusieurs de ses mécanismes profondément revus.
Fiscalité : moins d’avantages pour les meublés touristiques
Micro-BIC revisité
Jusqu’à récemment, les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) pouvaient bénéficier du régime micro-BIC avec :
un plafond de recettes de 77 700 €, et
un abattement forfaitaire de 50 %.
À partir de 2026, ces seuils et abattements changent surtout pour les meublés touristiques non classés :
Plafond ramené à 15 000 € par an, contre 77 700 € auparavant.
Abattement réduit à 30 % (au lieu de 50 %).➡️ Cela rend ce régime bien moins attractif pour les petites locations de courte durée.
Conséquence
Si les recettes excèdent 15 000 € par an, le bailleur bascule automatiquement au régime réel, plus complexe mais souvent plus optimisé pour les gros revenus locatifs (car il permet de déduire charges, amortissements, etc.).
Régulation des locations touristiques (Airbnb & co.)
La réforme dite Loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) a profondément changé le cadre des locations meublées de courte durée, avec des effets qui se poursuivent en 2026 :
Déclarations et obligations
Tous les meublés touristiques devront être déclarés en ligne via un service national avant exploitation.
Un numéro d’enregistrement devra figurer sur toute annonce de location
Limitation des durées
Dans certaines villes (ex. Paris, Montpellier), la durée maximale de location d’une résidence principale en meublé touristique passe de 120 à 90 jours/an à compter de 2026.
Pouvoirs renforcés des municipalités
Les communes peuvent désormais :
fixer des quotas ou zones réservées,
exiger des autorisations de changement d’usage,
appliquer des plafonds et sanctions plus stricts.
Ces règles visent à améliorer l’accès au logement pour les résidents locaux dans les zones tendues et à encadrer le tourisme locatif.
Renforcement du contrôle de l’activité meublée : le SIRET devient incontournable
À partir de 2026, l’administration fiscale renforce le contrôle de l’enregistrement des activités de location meublée, avec une attention particulière portée à la détention d’un numéro SIRET. En théorie, toute activité de location meublée (LMNP ou LMP, y compris pour un logement loué ponctuellement ou une résidence principale en courte durée) constitue une activité commerciale, qui doit être déclarée via le guichet unique et donner lieu à l’attribution d’un SIRET.
Dans les faits, de nombreux bailleurs exerçaient jusqu’ici sans immatriculation formelle. Cette tolérance tend à disparaître :
les plateformes (Airbnb, Booking…) transmettent de plus en plus d’informations à l’administration,
les communes croisent les numéros d’enregistrement municipaux, les déclarations fiscales et les SIRET,
l’absence de SIRET peut désormais entraîner redressements fiscaux, remise en cause du régime micro-BIC et sanctions administratives.
👉 Concrètement, même pour une location meublée de faible montant ou exercée à titre accessoire, l’obtention d’un SIRET devient une étape indispensable pour sécuriser sa situation fiscale et éviter tout risque de requalification ou de pénalité.
Ce qui reste inchangé
Malgré ces réformes :
Le régime réel simplifié reste disponible et reste souvent le plus intéressant fiscalement pour les investisseurs qui peuvent déduire charges et amortissements.
Arnaud Ficheux
Expert-comptable
Tél: 06 51 45 73 79

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