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Statut LMNP : conditions, fiscalité et obligations du loueur en meublé non professionnel

  • Photo du rédacteur: arnaud ficheux
    arnaud ficheux
  • 4 janv.
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 janv.

Sur le plan fiscal, la mise en location de logements meublés, qu’elle soit exercée à titre professionnel ou non professionnel constitue une activité commerciale et relève de la catégorie des Bénéfices industriels et commerciaux (BIC)


Le statut LMNP (loueur meublé non professionnel) offre un régime fiscal intéressant. Pour y avoir accès, le bailleur doit respecter certaines conditions et entreprendre des démarches préalables.


Qu’est-ce que le statut LMNP (loueur en meublé non professionnel) ? 

Le statut LMNP (loueur en meublé non professionnel) est un régime fiscal spécifique applicable à la location meublée.


Il permet d’optimiser l’imposition des loyers perçus grâce à des mécanismes tels que :


  • Les abattements ;

  • la déduction des charges ;

  • et, selon le régime choisi, l’amortissement du bien.


Quelles sont les conditions pour bénéficier du statut LMNP ?


  1. Louer un logement meublé conforme

Pour pouvoir bénéficier du statut LMNP, vous devez louer votre bien à usage d’habitation meublé.


Il faut donc qu'un mobilier suffisant soit présent dans l’appartement pour que le locataire puisse vivre normalement dans les lieux en n’apportant que ses effets personnels (vêtements, objets de décoration, etc.).


Pour les contrats de location meublée constituant la résidence principale du locataire, la liste des meubles devant obligatoirement être mis à la disposition du locataire est fixée par le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 (applicable aux contrats de location signés depuis le 1er septembre 2015).


Ils doivent lui permettre de “dormir, manger et vivre convenablement au regard des exigences de la vie courante” (article 25-4 Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).


  1. Une activité exercée de manière non professionnelle

L’article 2 de la loi 49-458 du 2 avril 1949 définit le loueur professionnel comme celui “qui loue habituellement plusieurs logements meublés, que la location s'accompagne ou non de prestations secondaires telles que location de linge, nettoyage des locaux, préparations culinaires”. 


À contrario, et par exemple n’est pas considéré comme exerçant à titre professionnel celui qui loue une ou plusieurs pièces de sa maison (même indépendantes) ou loue de manière occasionnelle


Sur le plan fiscal (CGI art.155, IV), pour pouvoir bénéficier du statut LMNP, et ne pas être considéré comme loueur professionnel, vos recettes locatives doivent remplir au moins l’une des deux conditions suivantes :


  • Être inférieures à 23 000 € par an (pour l’ensemble des membres du foyer fiscal) ;

  • ou ne pas excéder les revenus globaux du foyer fiscal soumis à l’impôt sur le revenu dans les catégories.

     

À l‘inverse, seront donc considérés comme professionnels les loueurs qui remplissent de manière cumulative des recettes supérieures à 23.000 euros et des recettes qui excèdent les revenus globaux du foyer.


Statut LMNP : quelle fiscalité pour les loyers perçus ?

Que l’activité soit exercée à titre habituel ou occasionnel, louer en meublé est considéré comme une activité commerciale.


Les loyers sont soumis à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non celle des revenus fonciers. 



La fiscalité du LMNP peut fortement varier selon le régime choisi, les charges et la stratégie patrimoniale. Pour éviter les erreurs et arbitrer sereinement, Anova Finances, expert-comptable à Montpellier et Paris, vous accompagne dans l’analyse et l’optimisation de votre location meublée.


Régimes d'imposition applicables au statut LMNP

Le régime d’imposition du statut LMNP dépend du montant des recettes annuelles. Il s’applique que la location soit permanente ou saisonnière dès lors qu’elle est meublée.


Il peut s’agir du régime forfaitaire (micro-Bic) qui donne droit à un abattement ou du régime réel (qui permet de déduire des frais et des charges).


Le régime forfaitaire micro-BIC


Le régime micro-BIC s’applique lorsque les revenus locatifs ne dépassent pas un certain seuil :


  • Pour les locations meublées longue durée, lorsque les revenus locatifs ne dépassent pas 77.700 euros, avec un abattement forfaitaire de 50%.

  • Pour les meublés classés : lorsque les recettes annuelles sont inférieures ou égales à 77 700 € (CGI, art. 50-0 2°), avec un l’abattement forfaitaire de 50 % (CGI, art. 50-0 2°).

  • Pour les meublés de tourisme non classés : le plafond des recettes annuelles est fixé à 15 000 € (CGI, art. 50-0 1°bis), avec un abattement de 30 % (CGI, art. 50-0 2°).


Ces nouvelles dispositions, issues de la loi de finance 2025, s’appliquent aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2025. Les seuils de chiffre d'affaires sont appréciés hors taxe et par année civile (CGI art. 50-0).


Le régime réel en LMNP : quand s'applique t-il ?


Dès que le montant annuel des loyers est supérieur aux seuils ci-dessus exposés, le bailleur relève du régime réel (simplifié ou normal).


Toutefois, même si le bailleur est éligible au régime micro-BIC, le loueur peut opter volontairement pour le régime réel. 


Déduction des charges en régime réel LMNP

Le régime réel permet au bailleur de déduire des recettes l’ensemble des charges, notamment :


  • Les intérêts d’emprunt ;

  • les taxes ;

  • les travaux ;

  • les frais de gestion locative ;

  • les frais de syndic... (CGI art. 156, I-1° ter).


Conformément à l’article 156, I-1° ter du CGI, les déficits issus d’une location meublée non professionnelle peuvent être reportés sur les revenus des dix années suivantes.


Amortissement du bien immobilier en location meublée

Le régime réel permet également d’amortir le prix d’achat du bien immobilier. Ce mécanisme consiste à répartir le coût d’un actif sur sa durée d’utilisation prévue.


En immobilier, l’amortissement porte sur le prix d’achat du bien et permet de déduire chaque année une fraction de sa valeur, sans impact sur la trésorerie.


En pratique, l’amortissement constitue l’un des principaux leviers d’optimisation fiscale en LMNP au régime réel, en réduisant fortement, voire en neutralisant, l’imposition des loyers.


LMNP et plus-value : la nouveauté introduite par la loi de finances 2025

La Loi de finance 2025 a réhaussé l’impôt sur la plus-value réalisée sur la vente d’un bien sous le régime LMNP.


En effet, en cas de revente du bien, l’amortissement comptable déductible des recettes locatives imposables est désormais réintégré dans le calcul de la plus-value (LOI n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025).


En revanche sont exclues de cette hausse d’impôt les :


  • Résidences étudiantes ;

  • résidences seniors ;

  • résidences pour personnes handicapées.


Exonérations possibles en location meublée (article 35 bis du CGI)

Certaines situations ouvrent droit à une exonération d’impôt sur le revenu, jusqu’au 31 décembre 2026, lorsque le bailleur loue ou sous-loue une ou plusieurs pièces de son habitation principale, sous réserve :


  • qu’il s’agisse d’une location habituelle à des personnes n’y élisant pas domicile (chambres d’hôtes), avec un loyer n’excédant pas 760 € par an ;

  • ou que les pièces louées constituent la résidence principale ou temporaire du locataire, dans le cadre d’un emploi saisonnier, et que le loyer reste raisonnable.


Cette exonération suppose que le bailleur ne fournisse aucune prestation de type hôtelier, en dehors de la simple mise à disposition du logement.


Cotisations sociales et prélèvements sociaux en LMNP

Lorsque les recettes annuelles sont inférieures à 23 000 €, le loueur est considéré comme non professionnel et ne paie pas de cotisations sociales au titre de son activité. Il reste toutefois tenu de déclarer chaque année ses recettes à l’administration fiscale.


Les revenus issus de la location meublée sont alors soumis aux prélèvements sociaux applicables aux revenus du patrimoine, au taux global de 17,2 %.


TVA et location meublée : dans quels cas s’applique-t-elle ?

En principe, la location meublée exercée par un particulier est exonérée de TVA. Cela signifie que la TVA n’est ni facturée au locataire, ni récupérable sur les dépenses engagées.


Location meublée et exonération de TVA

La location en meublé classique, qu’elle soit exercée à titre occasionnel ou habituel, reste hors champ de la TVA tant qu’elle se limite à la simple mise à disposition du logement.


Location meublée para-hôtelière et TVA

En revanche, la location meublée devient soumise à la TVA lorsqu’elle est qualifiée de para-hôtelière, au sens de l’article 261 D, 4°-b du CGI.


Pour relever de ce régime, deux conditions cumulatives doivent être respectées :


  • La location ne doit pas excéder trente nuits consécutives pour un même client ;

  • la prestation doit comprendre au moins 3 des services suivants :

    • fourniture du petit déjeuner ;

    • nettoyage régulier des locaux ;

    • fourniture de linge de maison ;

    • réception, même non personnalisée, de la clientèle.


Cotisation foncière des entreprises (CFE) et le statut LMNP

La cotisation foncière des entreprises peut être due en location meublée, selon la situation du bailleur, le lieu du bien et son usage personnel éventuel.


CFE : une analyse au cas par cas

L’assujettissement à la CFE dépend de plusieurs critères. Il est donc recommandé de se rapprocher du service des impôts des entreprises (SIE) compétent, afin de déterminer précisément si cette taxe est applicable à votre situation.


Statut LMNP : les formalités préalables obligatoires

Avant de débuter une activité de loueur en meublé non professionnel, certaines démarches administratives sont indispensables.


Immatriculation en LMNP auprès de l’INPI

Le loueur en meublé non professionnel doit s’immatriculer auprès d’un centre de formalités des entreprises, via le guichet unique de l’INPI. Cette démarche doit être réalisée dans les quinze jours suivant le début de la location.


Elle permet :


  • L’obtention d’un numéro SIRET ;

  • la déclaration officielle de l’activité ;

  • le choix du régime fiscal applicable.


Le statut LMNP ne nécessite pas la création d’une société et peut être exercé en complément d’une activité salariée.


Autorisation préalable de changement d’usage

Dans certaines communes, une autorisation préalable de changement d’usage est exigée pour louer un logement meublé de courte durée à une clientèle de passage.


Cette obligation est particulièrement stricte dans les zones tendues, notamment à Paris, où l’autorisation est souvent conditionnée à une compensation immobilière.


Elle ne s’applique pas lorsque le logement constitue la résidence principale du loueur, occupée au moins 8 mois par an.


Déclaration en meublé de tourisme ou chambre d’hôtes

Toute personne proposant un meublé de tourisme, classé ou non, doit en principe effectuer une déclaration préalable en mairie.


Cette obligation concerne également les chambres d’hôtes, y compris lorsque le petit déjeuner est inclus.


Lorsque le logement constitue la résidence principale du loueur, la location est limitée à 120 jours par an, sauf exceptions légales (obligation professionnelle, raison de santé, force majeure).



La location meublée et le statut LMNP offrent de réels leviers fiscaux, mais reposent sur un cadre juridique, fiscal et administratif précis. TVA, CFE, formalités d’immatriculation ou autorisations locales : chaque point mérite une analyse rigoureuse pour éviter les erreurs et sécuriser votre investissement.


👉 Chaque situation en location meublée mérite une analyse personnalisée. Contactez Anova Finances, expert-comptable à Montpellier et Paris, pour faire le point sur votre statut LMNP et vos choix fiscaux.


    Arnaud Ficheux 

      Expert-comptable

      Tél: 06 51 45 73 79




 
 
 

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