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Immobilier et entreprise : 5 erreurs fréquentes à connaître

  • Photo du rédacteur: arnaud ficheux
    arnaud ficheux
  • 2 juin
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 juin

Un projet immobilier engage la fiscalité, la trésorerie et la capacité d’investissement de votre entreprise sur plusieurs années. Ces décisions ne peuvent pas être prises à la légère alors que le choix du mode de détention et de la structure va orienter la rentabilité de votre projet.

Les erreurs en immobilier chez les entrepreneurs apparaissent dès le départ. Elles concernent principalement le montage retenu et son adéquation avec votre activité et votre situation. Alors comment structurer votre projet immobilier d’entreprise ? Quelles erreurs éviter ? 


Voici 5 erreurs à ne pas faire.


  1. Choisir une structure juridique inadaptée à votre projet immobilier

Le choix de la structure juridique intervient souvent trop tard dans un projet immobilier d’entreprise. L’attention se porte en priorité sur le bien, sur son financement ou sur les conditions d’acquisition. Le cadre juridique (nom propre, SCI ou société) est traité par la suite, alors qu’il détermine la fiscalité du projet sur toute sa durée.


Beaucoup de projets passent par une SCI. Le point le plus important porte donc sur le choix du régime fiscal : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés.


SCI à l’impôt sur le revenu : fiscalité immédiate

Avec une SCI à l’impôt sur le revenu, les loyers s’ajoutent à votre imposition personnelle. Ce fonctionnement peut devenir pénalisant si votre tranche d’imposition est déjà élevée. La rentabilité se réduit alors rapidement.


À la revente, vous relevez du régime des particuliers. Vous bénéficiez d’abattements progressifs sur la plus-value, ce qui allège votre fiscalité après plusieurs années de détention.

SCI à l’impôt sur les sociétés : un décalage entre détention et revente

Avec une SCI à l’impôt sur les sociétés, c’est votre société qui amortit le bien. Le résultat imposable diminue donc pendant la phase de détention, ce qui améliore votre rentabilité à court terme.


Pour la revente, c’est différent. La valeur comptable du bien diminue avec les amortissements. La plus-value imposable augmente alors mécaniquement. Un projet optimisé pendant plusieurs années peut donc devenir plus coûteux au moment de la sortie.


=> Le choix entre ces deux régimes dépend donc de votre objectif : générer du revenu ? Conserver le bien ? Préparer une revente ? Organiser une transmission ?


Vous souhaitez savoir si votre structure actuelle correspond réellement à votre objectif à moyen et long terme ?


Prenez rendez-vous avec Anova Finances pour valider votre montage avant de vous engager.


  1. Immobilier entrepreneur erreurs : raisonner crédit sans intégrer la fiscalité et les charges


Dans de nombreux projets immobiliers d’entrepreneurs, tout commence par le financement. La mensualité du crédit est bien souvent le principal repère pour décider si le projet tient la route ou non.


Cette approche vous donne malheureusement une vision trop partielle. Votre crédit est validé ?

Cela ne garantit pas que votre opération sera équilibrée. Le crédit confirme simplement votre capacité d’emprunt, mais ne prend pas en compte l’ensemble des paramètres qui vont peser sur la rentabilité du bien.


Une mensualité qui ne reflète pas le coût réel du projet

Comparer une mensualité de crédit à un loyer existant est un réflexe fréquent. L’écart semble faible, ce qui vous donne le sentiment d’une opération neutre ou avantageuse.


En pratique, d’autres coûts s’ajoutent rapidement. La taxe foncière, les frais d’entretien, les charges de structure et les éventuels coûts de gestion modifient rapidement le niveau réel des dépenses. Ces éléments impactent directement votre trésorerie.


Une fiscalité souvent sous-estimée

La fiscalité liée à l’immobilier varie selon le montage retenu. Elle dépend : 

  • Du mode de détention ;

  • du régime fiscal ;

  • de la manière dont les flux circulent entre la structure et l’entrepreneur.


Un niveau de loyers qui paraît cohérent peut pourtant entraîner une imposition significative une fois intégré dans les revenus ou dans le résultat de la société. Ce point est peu anticipé au moment de l’acquisition, alors qu’il conditionne une partie importante de votre rentabilité.


Votre projet immobilier doit donc s’analyser dans sa globalité : financement, fiscalité, charges et utilisation du bien. Votre crédit doit constituer un élément de validation, mais pas un point de départ. Une analyse complète vous permettra de vérifier si votre projet reste cohérent une fois tous ces paramètres intégrés.


  1. Confondre investissement immobilier d’entreprise et stratégie patrimoniale

Un investissement immobilier doit être décidé en fonction de vos objectifs. Ce choix se fait pourtant bien souvent sans faire l’arbitrage entre le développement de l’entreprise et la constitution de votre patrimoine personnel.


Immobilier d’entreprise ou investissement locatif : deux logiques différentes

Un investissement immobilier d’entreprise (local, bureaux, entrepôt) répond à un besoin opérationnel. Il s’inscrit donc dans votre activité.

Un investissement locatif relève quant-à-lui d’une logique patrimoniale. Il vise à générer des revenus complémentaires pour votre entreprise ou à construire un patrimoine.


Ces deux approches impliquent donc des choix totalement différents en termes de :

  • Mode de financement ;

  • fiscalité ;

  • niveau de risque ;

  • horizon de détention.


Les mélanger peut venir créer des déséquilibres.


Un capital immobilisé qui peut freiner l’entreprise

Un investissement immobilier mobilise du capital et de la capacité d’endettement. Dans certains dossiers, l’entrepreneur privilégie l’immobilier alors que l’activité aurait besoin de ressources (développement commercial, recrutement, outils, etc.). Les effets de cet investissement apparaissent après coup, car un projet immobilier rentable n’apporte pas toujours le meilleur rendement pour un entrepreneur.


L’immobilier doit donc s’intégrer dans une stratégie d’ensemble, en fonction :

  • Du développement de l’entreprise ;

  • du niveau de revenus souhaité ;

  • de la fiscalité globale ;

  • de la constitution du patrimoine.


  1. Utiliser un bien immobilier sans respecter le cadre juridique et fiscal

L’utilisation d’un bien immobilier dans un contexte professionnel implique de suivre des règles précises. Parfois, ce point apparaît après l’acquisition, alors qu’il conditionne le projet dans son ensemble.


Utilisation professionnelle d’un logement : les règles à vérifier

Travailler depuis un logement, y installer une activité ou y domicilier une entreprise suppose de vérifier plusieurs points en amont. Si vous transformez le bien nouvellement acheté en local professionnel : 

  • Le règlement de copropriété autorise-t-il les activités professionnelles ?

  • Les règles d’urbanisme permettent-elles l’utilisation professionnelle du bien (changement d’usage ou de destination) ?


Ces éléments déterminent la possibilité d’exercer votre activité dans le bien. Une non-conformité peut entraîner la remise en cause de l’utilisation professionnelle de votre bien immobilier.


Loyers et charges : comment ça fonctionne ?

Quand vous utilisez un bien immobilier pour votre activité, vous devez définir clairement les relations financières entre vous et votre entreprise.

Prenons un exemple : vous détenez un bien en nom propre et votre entreprise l’utilise.


Deux options existent :


  • Vous ne facturez pas de loyer : votre entreprise n’a pas de charge liée au local et vous ne déclarez pas de revenu.

  • Vous mettez en place un loyer : votre entreprise paie un loyer et vous le déclarez comme un revenu.


Dans le second cas, le loyer devient une charge déductible pour votre entreprise. En parallèle, vous devez l’intégrer dans vos revenus imposables. Mais attention, un loyer trop élevé ou fixé sans référence au marché peut être remis en cause en cas de contrôle.


Pour utiliser un bien immobilier dans un cadre professionnel, vous devez donc suivre des règles simples et déterminer : qui prend en charge les dépenses ? Comment le loyer est fixé ? Dans quel cadre juridique l’ensemble s’organise ?

Définir un cadre dès le départ vous permet de sécuriser le traitement fiscal et d’éviter des régularisations par la suite.


  1. Ne pas intégrer l’immobilier dans votre stratégie globale

Un investissement immobilier doit s’inscrire dans votre organisation globale, c'est-à-dire dans votre activité, votre fiscalité et votre patrimoine.

L’immobilier est pourtant souvent analysé à part. Votre raisonnement peut se porter plutôt sur la rentabilité du bien ou sur les conditions d’acquisition, sans faire de lien direct avec le reste de votre situation.


Une influence directe sur votre fiscalité et vos résultats

Le traitement comptable et fiscal du bien immobilier dépend de votre mode de détention. Si vous percevez des loyers en nom propre, vous relevez du régime des revenus fonciers. Les loyers encaissés s’ajoutent donc à votre revenu imposable. Vous pouvez déduire certaines charges comme : 


  • Les intérêts d’emprunt ;

  • la taxe foncière ;

  • les travaux, selon leur nature. 


Le résultat net reste soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.


Si votre bien est détenu dans une société à l’impôt sur les sociétés, le fonctionnement change. Les loyers sont alors comptabilisés en produits et les charges liées au bien sont déductibles. Le bien est inscrit à l’actif du bilan et fait l’objet d’un amortissement.


L’amortissement vous permet de réduire le résultat imposable chaque année. En contrepartie, il diminue la valeur nette comptable du bien. À la revente, la plus-value se calcule sur cette base, ce qui augmente le montant imposable. Ces mécanismes influencent directement le résultat de votre société et votre fiscalité globale.


Une incidence sur la trésorerie et les sorties d’argent

Dans une société soumise à l’impôt sur les sociétés, les loyers encaissés restent dans la structure après paiement de l’impôt. Pour disposer de ces sommes à titre personnel, vous devez organiser une sortie.


Cependant, un versement de dividendes entraîne une imposition, en principe au prélèvement forfaitaire unique (PFU). Et toute rémunération implique des charges sociales et une imposition à l’impôt sur le revenu. Le mode de détention que vous allez choisir va donc influencer la manière dont vous pouvez utiliser les revenus issus de l’immobilier.


Une analyse globale peut vous permettre d’éviter des déséquilibres entre la rentabilité du bien, votre fiscalité et vos besoins personnels. Prenez rendez-vous avec Anova Finances pour analyser votre situation dans son ensemble.



Un projet immobilier engage votre entreprise sur plusieurs années et laisse peu de marge de manœuvre une fois les décisions prises. Des ajustements restent possibles, mais ils impliquent souvent des coûts fiscaux, juridiques et même financiers.

Attention donc à ne pas prendre vos décisions séparément : mode de détention, structure, financement, utilisation du bien, etc. Pris isolément, chaque choix paraît logique. Mais leur combinaison peut créer des déséquilibres.


Ces erreurs en immobilier pour un entrepreneur se révèlent avec le temps, souvent au moment où les options deviennent plus limitées.

Vous souhaitez éviter ces erreurs et structurer votre projet immobilier dans de bonnes conditions ? Prenez rendez-vous avec Anova Finances pour faire un point précis sur votre situation avant de vous engager.


   Arnaud Ficheux 

      Expert-comptable

      Tél: 06 51 45 73 79


 
 
 

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